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Enseignant : François Nouguiès

Depuis deux ans le Réseau cinéma à Grenoble réfléchit à la relation entre cinéma et colonialisme.
Après nous être intéressé.e.s au cinéma anthropologique de la période coloniale, nous nous sommes intéressé.e.s aux images de la décolonisation. Les membres du Réseau Cinéma à Grenoble se sont alors mis.e.s en quête d’archives liées à cette période.

La première année (2016/17) nous nous sommes associé.e.s à des partenaires disposant d’archives : ainsi nous avons développé des relations avec la cinémathèque de Grenoble où nous avons trouvé peu de films pertinents en rapport à nos questionnements, la collection s’intéressant déavantage au film d’auteurs européens.

Par la suite, la rencontre avec l’association « Cinémémoire » nous a permis de découvrir un fond considérable de films d’amateurs relatant de témoignages datant des époques des indépendances, et nous avons également contacté l’INA.
Nous nous sommes alors d’avantage intéressé.e.s à la notion de témoignage et de mémoire : tout naturellement la guerre d’Algérie est apparue comme un point convergent sur l’histoire familiale et personnelle de nombreuses/eux étudiant.e.s.
Cette recherche a enclenché des interrogations personnelles et collectives qui touchent à l’histoire franco-algérienne, et post-coloniale dans un sens plus large.

A présent, nous continuons les recherches et tentons de reconstituer le puzzle des énigmes qui se présentent à nous dans les archives. Concrètement, le travail a pris la forme de visionnages et discussions communes. Les ateliers collectifs du Réseau cinéma nous ont permis d’initier des tournages, souvent poursuivis après le retour à l’école dans les travaux individuels et partagés des étudiant.e.s.
Nous avons ainsi entrepris les premiers montages, incluant des films d’archives et des films tournés par les étudiant.e.s. Mais nous souhaitons aussi associer ce travail sur les archives à nos propres productions : à présent nous continuons à accumuler de courts films qui pourraient constituer une mémoire collectionnée.
Nous tournons des scènes de témoignages que nous associons à des images d’archives collectées.

Pour accompagner ce procédé, nous avons commencé à convier des personnes extérieures pour porter leur point de vue sur nos résultats et engager des échanges. C’est dans ce cadre que nous avons invité la monteuse Dominique Auvray, proche collaboratrice de Marguerite Duras et depuis lors de nombreuses/eux artistes-cinéastes.
Non seulement cette invitation nous a permis de soumettre nos films à son regard, mais aussi de profiter de son expertise lors de séances de montage accompagnées. Tout en poursuivant ce travail de montage le groupe se pose à présent la question de la monstration, et des formats d’exposition possibles pour restituer nos activités. Le projet s’avère un riche dispositif pédagogique, permettant d’associer une recherche historique (celle sur les films coloniaux) et un travail de production et de réflexion sur le cinéma.

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