ESBA TALM ANGERS

Enseignant.e.s : Thomas Bauer, Judith Abensour (2015-2017)

À Angers, le travail du Réseau se structure en ARC. L’ARC Faux Raccord permet au travail personnel des étudiant.e.s de venir s’inscrire dans un champ de réflexion élargi et contemporain. C’est l’espace privilégié pour développer les articulations entre la pratique et la réflexion théorique.
En lien avec l’ARC, le séminaire a pour but de développer les enjeux théoriques d’une réflexion pratique et d’initier les étudiant.e.s à une méthodologie de travail qui confronte sciences humaines, histoire de l’art, muséographie et cinéma.

Depuis la rentrée 2017/2018 et le départ de Judith Abensour à l’ESAD de Paris, ces deux modules ne sont plus dissociés dans le temps. L’ARC-séminaire est devenu un cours transversal, accompagné de rendez-vous individuels avec Thomas Bauer.
Durant le séminaire, nous sommes revenu.e.s sur les problématiques liées au tournant ethnographique dans l’art contemporain et nous avons tenté d’en éclairer les enjeux en revenant sur l’histoire du croisement entre ces disciplines (Michel Leiris, James Clifford, Claude Levi- Strauss, Hal Foster, etc.).
Nous souhaitions confronter l’histoire du cinéma ethnographique et l’histoire de la muséographie : un certain nombre de films d’artistes, informés de la critique muséographique institutionnelle, repensent les conditions mêmes de possibilités d’un cinéma dit « ethnographique » aujourd’hui (Secteur IXB de Matthieu K. Abonnenc, Reassemblage de Trinh T. Minh-ha).

Une réflexion s’est poursuivie autour de films contemporains qui relèvent d’une approche anthropologique à partir de nouvelles écritures documentaires. Nous tenterons d’en analyser les outils d’investigation, d’exploration et d’interprétation du réel (Wang Bing, Joris Lachaise, Ben Russel, Till Roeskens, etc.).

En lien avec le Réseau cinéma, nous avons proposé aux étudiant.e.s de venir réaliser un travail de recherche autour des collections d’ethnologie des musées d’histoire naturelle d’Angers et de Nantes et des environs. Il s’agissait de se documenter sur l’histoire de ces collections ethnologiques, sur la manière dont elles se sont constituées en lien avec l’histoire coloniale.
Nous avons étudié la muséographie contemporaine des collections et la manière dont elles sont présentées au public.
Un regard critique a été proposé et différents projets plastiques et collaboratifs en découlent.

Nous proposons, par le cinéma (enjeux de points de vue, de cadre, de contrechamp, de montage), par des contre-scénarios d’archivage ou de monstration, d’interroger le potentiel d’historicité non nécessairement consensuel de ces pièces et de tenter leur mise en relation avec les mutations géo- politiques actuelles des relations Nord-Sud.

Il s’agit de réveiller le potentiel discursif de ces objets en les confrontant à différents points de vue non classiquement inscrits dans l’espace du musée en France. Les points de vue seraient ceux de populations françaises issues des zones géographiques montrées dans les musées, les étudiant.e.s en art ou en anthropologie, d’associations, etc.

Le séminaire est un espace d’échange et de confrontation des recherches menées par les enseignant.e.s et les étudiant.e.s. Le séminaire et l’ARC s’inscrivent dans le programme de recherche du Réseau cinéma. L’ARC Faux-Raccord donne lieu à des réunions régulières où sont discutées les productions des étudiants mais également à des workshops, notamment ceux qui ont eu lieu aux Laboratoires d’Aubervilliers, à La Compagnie à Marseille, à Bétonsalon à Paris.