LES VACANCES DU MUSÉE, RÉCITS CINÉMATOGRAPHIQUES  DE LA VITRINE VIDE

Production collective  / Projection
Du 30 avril au 5 mai 2018 . Grenoble

Le programme en cours propose de penser collectivement des formes cinématographiques à partir de musées ethnographiques et de jardins d’origine coloniale. Il se base sur l’idée de « anti-musée » proposée par le théoricien Achille Mbembe : si le musée est « un espace de neutralisation et de domestication de forces qui, avant leur muséification, étaient vivantes », l’anti-musée serait « en rien une institution, mais la figure d’un lieu autre, celui de l’hospitalité radicale ». Le cycle de deux ans a débuté à Paris en octobre 2016, s’est déployé au travers de workshops, colloques et temps de travail à Aubervilliers, Marseille, Paris, ainsi que sur les sites de chaque école, et présentera les résultats des travaux en cours en mai 2018 à Grenoble.

Si le musée est le lieu de la classification et sauvegarde des artefacts culturels, quels sont les espaces de projections qui s’ouvrent si les collections sont parties ? A l’heure ou une commission pour la restitution des artefacts pillées lors de la colonisation est enfin mise en place (mars 2018), imaginons un futur des musées sans objets !

PRÉSENTATION DE LISL PONGER

Le travail de Lisl Ponger porte sur les stéréotypes, le racisme et la construction du regard. Depuis plusieurs décennies, elle le conduit à l’intersection entre art, histoire de l’art et ethnologie, en photographie, film et installation.
L’artiste a examiné la nature construite des identités culturelles, nos idées et imaginaires – souvent stéréotypées – de l’Autre, et des questions portant sur la représentation visuelle.
Lisl Ponger vit et travaille à Vienne. Ces expositions monographiques récentes incluent : 2017, MuKulMuseum présente The Master Narrative, Weltmuseum Vienne ; 2016 MuKulMuseum présente Eldorado Task Force, dans l’exposition Erzähl mir Salzburg, Salzburg Museum; 2014 Schöne Fremde, Kirchnermuseum, Davos, Switzerland; Dreams of New Worlds, Charim Galerie, Vienne et MuKulMuseum présente The Vanishing Middle Class et Wild Places, Secession, Vienne.

A Grenoble, elle présentera son projet sur le MuKulMuseum, un musée (fictionnel) pour des cultures étrangères et familiaires, qu’elle dirige en tant que curatrice principale.
Le projet se déploie au travers de collaborations avec des institutions culturelles qui accueillent ses expositions. Il interroge des récits d’appartenance et d’exotisme, avec des expositions comme The Master Narrative ou The Vanishing Middle Class.
Lisl Ponger renverse ici le regard : en traitant les classes moyennes européennes comme un objet d’étude de la même manière que les expositions ethnographiques faisaient (et font en partie) de peuples montrés comme exotiques et localisés dans des contrées lointaines du monde extra occidental, Ponger montre pertinemment l’imaginaire mis en place par certains dispositifs muséales.
En conséquence, on se retrouve dans un exercice de déconstruction qui invite à interroger ces mécanismes de façon critique.

PROJECTION DE IMAGO MUNDI DE LISL PONGER ET PROJECTION DE SPELL REEL, UN FILM ASSEMBLÉ PAR FILIPA CÉSAR

FRICTION BUILDING / CONSTRUIRE DES FRICTIONS

Programme de courts-métrages
La cinémathèque de Grenoble

Ces dernières années, la contestation du maintien en place de monuments coloniaux et des noms de rues liées à la colonisation s’est accrue.
De l’Afrique du Sud (Rhodes must fall) à la Belgique, la permanence de ces représentations coloniales dans l’espace public est mise en cause. Que faire de ces vestiges dérangeants ?
Dans des contextes différents, les quatre films interrogent des stratégies pour se positionner par rapport aux violences historiques et leurs survivances.
Les films amènent d’une prison française au Sénégal qui a été transformé en atelier d’artisan aux ruines d’un restaurant au décor Maya, devenues un haut lieu de la résistance sociale à Merida, au Mexique.
Construire des frictions est un programme de courts-métrages au sujet des constructions coloniales, proposé par Anne Reijniers et Rob Jacobs en conversation avec le Réseau cinéma des écoles d’art.

CONFÉRENCE DE MYRIAM SUCHET À L’ESAD GRENOBLE : POUR UNE RECHERCHE RELATIONNELLE : INCONFÉRENCE HÉTÉROLINGUE ET INDISCIPLINÉE

En guise d’échauffement, nous éprouverons les parois du bocal de « la langue » en lisant des textes littéraires qui s’interprètent comme des partitions graphiques, se sculptent avec les doigts, ou se dansent au corps à corps pour mieux déjouer l’ordre du discours.
Dans l’imaginaire hétérolingue, on ne rencontre pas seulement d’autres langues : on découvre « la langue » autrement.
Cette expérience nous conduira à dénaturaliser d’autres frontières : celles, disciplinaires, qui cloisonnent les savoirs et les séparent de l’action aussi bien que de la création. Dans cette perspective indisciplinée, c’est la recherche qui change de forme pour s’inventer des devenirs relationnels, encore à explorer.

LES VACANCES DU MUSÉE

Vernissage
ESAD Grenoble

Si le musée est le lieu de la classification et sauvegarde des artefacts culturels, quels sont les espaces de projections qui s’ouvrent si les collections sont parties ?
A l’heure ou une commission pour la restitution des artefacts pillées lors de la colonisation est enfin mise en place (mars 2018), imaginons un futur des musées sans objets !